Préfecture de Tottori, le royaume du Manga, Tome 1

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Voici le premier article de notre triologie sur le "Royaume du Manga" au Japon, dédié à Shigeru Mizuki

A 4h de Kyoto, la ville portuaire de Sakaiminato peut être une belle escapade pour ceux qui opteraient pour une formule sur-mesure de notre circuit manga : 

https://voyage-japon.biz/circuits/circuit-manga

 

Shigeru Mizuki, la passion dévorante du fantastique, du Yôkai Japonais

Shigeru Mizuki... il y'a des chances que cet auteur ne vous parle pas directement. Le terme de Yôkai sera certainement plus évocateur, désignant les monstre et animaux fantastiques jaillissant des contes et légendes Japonaises. Ma première rencontre avec ces « monstres » a été pendant le film d'animation d'Isao Takahata, Ponpoko,  lorsque les Tanuki pour défendre leur village se transforment en Yôkai, à la fois amusants et effrayants, lors d'une grande procession de la dernière chance...
Par la suite, j'ai été amusé et intrigué par des statues représentants de personnages étranges, souvent en bronze, dont celui d'un garçon à l’œil unique presque cyclopéen et accompagné d'un œil à la pupille rouge vif sur pattes, incarnant le père de Kitaro. Je pénétrais de plein pied dans l’œuvre de Shigeru Mizuki de son vrai nom, Mura Shigeru.

Je découvris alors qu'il avait été bercé par cet univers de contes et légendes fantasmagoriques. Il fut le matériau de son identité et sa personnalité artistique qu'il forgea tout au long de son Œuvre. Tel un scientifique qui étudie une espèce spécifique, il collecta des informations sur ces êtres fantastiques dans tout l'Archipel. Il les étudia et décrivit avec soin, pour les profiler dans une magnifique encyclopédie, ayant pour nom : le dictionnaire des Yokai.

Saisi par cette envie de m'immerger dans cet univers fantastique, j'allais à la médiathèque du quartier, pour emprunter un autre livre de Shigeru Mizuki, Nonnonbâ. Je relevais alors l'empreinte biographique de l'auteur dans son nouveau recueil. De façon narrative, il rendait hommage à cette vieille dame Kageyama Fusa, surnommée Nonnonbâ qui était une sorte de « gouvernante », en charge d'entretenir la Maison et lorsqu'elle gardait les enfants (dont le jeune Shigeru), elle en profitait pour conter les histoires de ces créatures invisibles. Ce livre fut acclamé par la critique tant au Japon, qu'à l'étranger, recevant d'ailleurs le prestigieux prix du meilleur album lors du Festival de la bande dessinée d'Angoulême en 2007. Pour les amateurs de Yôkai, cet ouvrage est particulièrement intéressant car on y découvre quelque part l'inspiration originelle qui va se déployer dans toute la saga de Kitaro le Repoussant. Il décrit avec humour également les liens entre le monde du visible et celui de l'invisible, cohabitant de façon plus cocasse que véritablement harmonieuse. 

De nombreux traits auto-autobiographiques transparaissent dans l’œuvre de Shigeru Mizuki, on peut songer également au titre plus que révélateur Opération mort contant son traumatique engagement dans l'armée Japonaise.

Sakaiminato et le "Royaume du Manga"

La préfecture de Tottori porte le noble qualificatif de « Royaume du Manga ». La ville portuaire de Sakai rendant hommage à Shigeru Mizuki, y a fortement contribué. Emporté par le même élan commémoratif que la ville de Hokuei, vous plongerez ainsi progressivement dans l'univers fantastique de Shigeru Mizuki dès la gare de Sakai jusqu'aux portes du Musée de Shigeru Mizuki, avec quelques dédales pour déambuler dans cette ville « hantée » par l''esprit de cet incroyable mangaka. Mais, aucune inquiétude la route des Yôkai est toujours pavée de bonnes intentions... La ville met à disposition une carte recensant les lieux d'apparition des Yokai, incarnés la plupart du temps par de sympathiques statues de bronze : on en compte 177 aujourd'hui !!
Bien évidemment, à l'image de leur créateur, vous pouvez débuter, par la même occasion votre travail d'étude du Yôkai : chaque statue est en effet marquée d'un « qr code » vous permettant de récolter des informations sur la créature statufiée. Jalonnez votre parcours scientifique, tout en collectionnant les tampons dissimulés aux quatre coins de ville.

Voici une carte pour votre champs d'étude :

Sakaiminato Yôkai road ville de Sakaiminato 750

Peu d'informations sur cet intrigant et mystérieux musée sont traduites en anglais ; le site du musée étant exclusivement présenté en langue Japonaise. Le site de la ville de Sakaiminato lève un peu le voile en révélant quelques indices sur ce musée commémoratif : exposition d’œuvres originales et variées de Mizuki, plongée immersive dans la philosophie et l'univers de l'Auteur, avec des coups de projecteur sur sa vie plus personnelle émouvante et chaleureuse. Une salle expose d'ailleurs les artefacts et objets chinés à travers le monde par Mizuki, matérialisation de comment ces êtres invisibles habitent notre quotidien, dans sa plus simple banalité...

Informations générales du musée :
Adresse : 5 Honmachi, Sakaiminato
Horaires d'ouverture : 9h30 – 17h00
Tarif d'entrée : Adultes 700 yens – Enfants 300 yens (remises accordées sur présentation de votre passeport)

De cet héritage, alimenté par ces 3 mangakas de génie (Mizuki – Taniguchi – Aoyama), la préfecture de Tottori organise depuis 2012, un tournoi annuel et international de dessin manga, dont le thème du concours varie chaque année, ouvert à toutes les nationalités mais aux exigences et à la concurrence redoutable... Outre le prix d'excellence récompensant le vainqueur, une prime de 500 000 yens est aussi accordée à l'artiste triomphant.

Pour en savoir plus : https://www.pref.tottori.lg.jp/246786.htm#moduleid504844

Internation Comic Art Contest 750

Pour le délire, j'ai rencontré le DJ Yôkai, voici le site pour les sets de ce DJ fou fou fou : https://otonoke-enoke.jimdo.com/

 Eiyu Kojima, artiste et intervenant de l'atelier sur mesure au musée du Manga de Kyoto avait fait un joli événement artistique sur le thème des Yôkai à l'automne 2018 : 

https://voyage-japon.biz/blog/121-langue-et-culture/152-atelier-a-kyoto-anime-par-l-artiste-eiyu-kojima